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La méthode synopp va-t-elle supplanter le business plan ?

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Catégorie(s): Conseils pour Entrepreneur

Le business plan est un outil qui a commencé à être utilisé dans les années 70 puis fut massivement rendu obligatoire par les banques et les investisseurs par la suite. Pourtant, avec l’avènement des startup internet, le business plan fut de plus en plus décrié. En effet, à quoi bon rédiger un business plan si ce dernier est faux, s’il faut le changer après 15 jours d’activité car on se rend compte que les hypothèses de marché sont différentes, s’il faut passer 3 mois à le rédiger alors que l’on pourrait démarcher des clients, si les banquiers et investisseurs ne lisent que l’executive summary? Une méthode du Canada, co créée par Claude Ananou a de plus en plus le vent en poupe et est une remise en cause du business plan : Il s’agit de la méthode Synopp.

Alors, le business plan est-il un document aussi indispensable que ne veulent le faire croire les financeurs.

dashboard_synopp

Aucune banque ne prête sur un simple business plan

Un paradoxe subsiste dans l’univers entrepreneurial : Les banques furent les premières à réclamer un business plan pour vous prêter de l’argent MAIS aucune banque n’accordera un prêt à un créateur d’entreprise sur un simple business plan. Sans collatéral, sans contrepartie, sans co-investisseur ou sans garantie, vous pouvez présenter le meilleur business plan au monde, aucune banque ne vous prêtera.

La banque n’a pas pour vocation de prendre des risques mais à les minimiser. Dès lors, elle voudra une garantie Oséo couvrant 80% de votre prêt ou une caution personnelle pour vous prêter. Le business plan ne vous aide donc aucunement à avoir un prêt bancaire.

 

Aucun investisseur ne croit à votre business plan

Si vous faites un sondage auprès des investisseurs, aucun d’entre eux ne vous dira qu’il prend pour argent comptant ce que vous indiquez dans votre business plan. Leur expérience leur a apprit que :

  • Aucune prévision écrite dans un business plan ne s’est réalisée.
  • On surestime dans 95% des cas les hypothèses de croissance dans son business plan.
  • Il faut réaliser en moyenne trois changements stratégiques avant de trouver la bonne formule
  • Le processus entrepreneurial pour parvenir au succès est fait d’erreurs – apprentissages corrections

Pourquoi alors banquiers et investisseurs souhaitent-ils que vous rédigiez un business plan ? Ne vaut-il mieux pas lancer son projet et obtenir des retours concrets du terrain ?

 

La méthode Synopp : prendre des décisions à chaque étape

Claude Ananou, professeur d’entrepreneuriat à HEC Montréal, remarquant que la rédaction du business plan pouvait faire perdre du temps aux entrepreneurs mais surtout les décourager a mis en place une nouvelle méthode plus motivante : La méthode Synopp. L’objectif : Obliger l’entrepreneur à aller sur le terrain et valider petit à petit son projet en prenant des décisions progressives lors de 7 étapes.

Tout part du besoin. L’entrepreneur identifie un besoin, va ensuite aller valider ce besoin sur le terrain, rencontrer les clients potentiels, prendre des décisions sur sa solution, changer son projet mais contrairement au business plan, il consigne dans un « journal de bord » ces changements qui ne constituent pas des retours en arrière mais des avancées ! Les erreurs et les changements font partie du processus entrepreneurial.

La méthode Synopp replace le porteur de projet au centre du processus entrepreneurial en l’obligeant à prendre de petites décisions, au fur et à mesure d’un parcours en 7 étapes

  1. Valider le besoin,
  2. Valider la solution,
  3. Comprendre les avantages de la solution et ses points différentiels,
  4. Mesurer le potentiel,
  5. Identifier les  risques,
  6. Choisir la stratégie,
  7. Mettre au clair les actions à entreprendre dans l’immédiat.

methode_synopp

Lors de chaque étape, l’entrepreneur doit vérifier s’il souhaite aller plus loin, s’il est prêt à prendre certains risques ou s’il doit adapter le projet à sa capacité à prendre des risques (notamment sur le plan financier).

Ainsi, normalement, lorsqu’il va voir son banquier, l’entrepreneur ne lui présente pas un business plan mais un journal de bord et un dossier d’opportunités, avec des résultats tangibles, des premiers clients, des avancées terrain et l’évolution de son projet depuis le début ! La méthode Synopp avec son principe de journal de bord souligne qu’il est plus intéressant de dire à un investisseur « mon projet a évolué. Je pensais avoir un modèle freemium que j’ai testé pendant 6 mois mais ce fut un échec. Nous n’avions que de mauvais clients qui ne payaient finalement jamais la version ++ . Nous avons alors changé de modèle pour passer à un abonnement de 100€ à l’année etc.. »  Plutôt que de dire «  Nous avons lancé un site internet dont le business model est l’abonnement ».

Le chemin parcouru est tout aussi (voire plus) important que le résultat !

 

Mais le business plan n’est pas mort !

Ceci étant dit, le business plan reste un document utile, surtout lorsque d’importantes sommes sont en jeu. Si vous devez miser 100K€ sur la table, de vos finances personnelles, alors il est peut être intéressant de mesurer le risque pris dans son business plan et d’y consacrer un certain temps. En fait, le temps à consacrer à son business plan doit être proportionnel au risque pris par vous-même et vos financeurs.

Je prends souvent l’exemple des hôtels Formule 1. Au moment de lancer les hôtels formules 1, valait-il mieux qu’ACCOR face une étude marketing pendant 6 mois qui lui coûte 50K€ mais aux résultats finalement aléatoires (un questionnaire et une étude de marché ne sont pas la vérité du terrain) ou valait-il mieux dépenser 200K€ dans un prototype et observer les réactions des clients ? Pour un projet web, vaut-il mieux passer 3 mois à rédiger un business plan ou lancer rapidement un site low cost, imparfait mais qui permette d’en savoir plus sur son marché quitte à réinvestir plus tard ?

En revanche, au moment d’aller demander à un investisseur de mettre 200K€ sur la table, vous devez pouvoir le convaincre sur ce que vous avez fait mais aussi sur ce que vous comptez faire. Le business plan est alors un outil très puissant. Si aucun investisseur ni banquier ne pense qu’un business plan dit la vérité, en revanche, c’est un outil qui permet de juger de la cohérence d’un projet, de l’honnêteté d’un entrepreneur, de son professionnalisme et du degré de risque du projet. Un bon business plan ne vous garantit pas d’obtenir des fonds mais un mauvais business plan vous garantit de ne pas en avoir !

 

Le business plan doit être un outil pragmatique

Par ailleurs, le business plan n’est pas forcément un document de 100 pages ! A la création, et sans recherche de fonds, il vaut mieux rédiger un document bref, qui permet de mettre par écrit son projet, sa vision et les étapes à court terme puis rédiger après 6 mois un an un document plus formel qui permette de mettre en place la stratégie suite à ces apprentissages issus du terrain.

 

Le business plan n’est pas non plus forcément un document théorique. Il faut rester conscient d’une dérive fréquente du business plan qui consiste à rester chez soi pour se rassurer en rédigeant ce document. Le business plan doit pousser les entrepreneurs à rencontrer les clients et à chercher des données terrain au même titre que l’approche Synopp. Les meilleures données sont celles du terrain et vous devez aller à la rencontre de vos clients pour alimenter votre business plan.

 

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