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Interview de Cédric Bertel : Graphiste et Webdesigner Indépendant

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Catégorie(s): Interviews, Métiers & Activités

Aujourd’hui je vous propose de découvrir le métier de graphiste et webdesigner indépendant, à travers l’interview de Cédric Bertel qui oeuvre sous le nom d’Artefackt.

Cédric partage avec nous son expérience et nous montre qu’il est tout à fait possible de passer du statut de salarié à celui d’indépendant, d’arriver à se distinguer de la concurrence (aussi importante soit-elle).

L’un des aspects que je trouve intéressant est que Cédric a réussi à rapidement se concentrer sur son métier de graphiste et webdesigner, sans avoir besoin de passer beaucoup de temps à prospecter et à démarcher de nouveaux clients. Les 2 clés de ce succès sont la fidélisation de sa clientèle établie, et le référencement de son site web qui lui apporte naturellement de nouveaux clients à la recherche d’un prestataire dans son domaine.

 

artefackt cedric bertel

 

1) Bonjour Cédric, vous êtes graphiste et webdesigner sous le régime auto-entrepreneur depuis un peu plus de 4 ans. Comment se passe le métier de graphiste indépendant au quotidien ? Comment vous organisez-vous entre prospection, création et gestion administrative ?

Au quotidien, il n’y a pas une seule journée qui se ressemble. En effet, je peux avoir des semaines très très chargées et d’autres beaucoup plus “tranquilles” en terme d’activité. Je travaille à mon domicile et cela me permet d’organiser mes journées comme bon me semble.

En terme de prospection, il est vrai que depuis un peu plus d’un 1 an, je n’ai plus vraiment besoin d’en faire. J’ai un réseau de partenaires nombreux qui me donnent du travail régulièrement et mon site internet est bien référencé ce qui m’amène des nouveaux clients. Je n’ai pas tous mes oeufs dans le même panier afin de palier la perte d’un client.

Je peux donc me consacrer quasi-exclusivement à mon métier : la création graphique.

Concernant l’administratif, le régime de l’autoentrepreneur offre une gestion très simple, ce qui me permet de ne pas passer trop de temps dans ce domaine.

 

2) Comment faites-vous pour démarcher et trouver vos clients ? Est-ce que votre statut d’auto-entrepreneur donne confiance ou pensez-vous au contraire que cela est un frein pour leur donner confiance ? La concurrence est rude j’imagine… comment arrivez-vous à vous différencier et à convaincre ?

Pour trouver mes clients, j’ai tout d’abord utilisé la prospection par email. Je n’ai pas utilisé de l’emailing publicitaire mais de l’email classique et envoyé à la main et non par méthode “massive”. Cette méthode à été particulièrement efficace puisqu’elle m’a permis de toucher directement les personnes concernées. Elle est aussi moins intrusive que le téléphone et elle permet de gagner du temps. J’ai donc eu de très bon retours et cela m’a permis de gagner de nouveaux clients. J’ai fait des campagnes de démarchage régulièrement et  j’ai pu me faire une clientèle régulière et fidèle. Ensuite le bouche à oreille a fait son travail…

Le statut AE n’a jamais été un frein. En effet dans ma profession et dans le monde de l’internet, il y a énormément d’AE, donc les clients sont habitués.

La concurrence est rude mais il y a de la place pour tous le monde à partir du moment où le professionnel est compétent, force de proposition et sérieux. Chaque graphiste à sa “patte” et les clients s’orientent vers le professionnel qui lui convient en fonction de ce qu’il recherche. De plus, nous n’avons pas tous la même clientèle et nous pouvons même avoir des partenariats sur certains projets.

J’essaye de me différencier essentiellement sur le conseil et “mon franc parler”. En effet, je considère que le client qui vient chez moi va chercher un conseil, un regard, un avis sur son projet et sur sa communication. Je lui donne toujours mon avis et ma vision des choses de façon franche et argumentée. Ensuite libre à lui de suivre mes propositions ou de garder sa propre vision des choses. Dans tous les cas, je privilégie la qualité et la satisfaction du client… Comme sans doute beaucoup de mes confrères.

Le relationnel est très important. Le client cherche une personne de confiance avec qui il pourra avoir un vrai échange “honnête”. Je ne suis ni meilleur ni plus mauvais que mes confrères, mais mes clients trouvent avec moi des choses qu’ils ne trouvent sans doute pas ailleurs et inversement.

 

3) Est-ce que le régime auto-entrepreneur s’est immédiatement imposé comme la solution idéale pour votre projet ou avez-vous hésité (ou commencé) avec un autre statut d’entreprise ?

En fait, c’est ce régime qui a déclenché mon installation comme indépendant. Sa simplicité administrative, de gestion, les avantages fiscaux, le taux de charges, et le fait de ne pas payer de charges si il n’y a pas de CA m’ont fait prendre ce régime.

Il y avait bien le régime micro rattaché à la Maison des artistes (MDA), mais le fonctionnement est très compliqué et il y a beaucoup d’administratif. Bref une usine à gaz…

 

4) Quel est votre parcours professionnel avant la création de votre activité ? Pourquoi avoir décidé de créer votre propre entreprise ? Est-ce un complément d’activité ou est-ce votre activité principale ?

Il s’agit de mon activité principale, j’ai été salsarié pendant 3 ans dans 2 SS2I à la sortie de mes études.

 

5) Avez-vous suivi une formation ou avez-vous bénéficié d’aides pour la création de votre entreprise et son développement ?

J’ai été suivi à la Chambre des métiers de Lille et j’ai mis environ 6 mois pour preparer mon projet. Cela m’a bien aidé.

J’ai fait une étude de marché “light”. Lorsque j’étais salarié, mon book en ligne me donnait des “futurs clients” et c’est ce qui m’a motivé à démarrer. Via ce book en ligne j’ai senti le potentiel que je pouvais avoir en m’installant comme indépendant.

 

6) Avez-vous rencontré des difficultés avec les démarches administratives et si oui comment les avez-vous résolues ?

Non pas spécialement puisque le régime de l’AE est simple.

Les difficultés se sont présentés avec le RSI. Cet organisme est une véritable usine à gaz. J’ai commencé dans le Région Nord Pas de Calais puis j’ai déménagé en Bretagne. Mon dossier administratif a mis 2 ans à être transféré et je continue à payer mes cotisations à Lille puisque le transfert à ce niveau est impossible. A l’heure de l’informatique, c’est quand même lamentable…

 

7) Après 4 ans d’activité, quel est votre sentiment ? Quel est votre bilan sur cette aventure et aussi le statut d’auto entrepreneur ? Quelles sont les compétences que vous avez pu développer et est-ce que votre vision de l’entreprenariat a changée depuis toutes ces années par rapport à l’idée que vous en aviez avant de vous lancer ? Enfin, quels conseils pratiques donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le métier de graphiste et webdesigner indépendant ?

Après 4 ans d’activité mon sentiment est partagé.

D’un point de vue, épanouissement personnel et travail “pur” je suis très content de mon métier et je prends beaucoup de plaisir dans ce que je fais et dans ma relation avec mes clients. De plus mon activité se porte très bien. J’aime ma liberté de choix et d’action et je n’ai pas envie de revenir salarié.

D’un point de vue financier je suis plus nuancé. Même si je gagne correctement ma vie, depuis 4 ans les cotisations ne cessent d’augmenter (18,4% en 2010, 27,1 aujourd’hui !) les impôts également, sans compter les à cotés (prévoyance, mutuelle, RCP…) que les indépendants doivent prévoir pour se couvrir efficacement.

Le statut AE reste intéressant mais j’ai clairement le sentiment que le France n’aime pas (plus?) les entrepreneurs. Le régime a été remis en cause plusieurs fois et les statuts d’entrepreneur individuelle sont nombreux et obscurs. En gros, il est très compliqué, dans mon cas, de passer au statut de profession libéral. En effet, il faudrait que je double mon chiffre d’affaires pour conserver le même niveau de revenu et c’est impossible pour moi. Bref, je partage le sentiment de tous les chefs d’entreprise et même des français: les charges sont bien trop lourdes et ne laissent pas les gens gagner de l’argent comme ils le souhaiteraient. On préfère niveler vers le bas et c’est pour cette raison que je reste AE même si je pourrais faire un peu plus de chiffre.

Le député Laurent Grandguillaume avait proposé un statut unique d’entrepreneur individuel taxé de 2 façons : soit au réel avec des frais pro, soit forfaitaire mais sans plafond de chiffre d’affaire dans les 2 cas.

Ce statut aurait libéré des contraintes administratives et des différents plafonds les entrepreneurs individuels, l’état aurait gagné plus d’argent et le travail au noir aurait été moins important. Mais en France on aime bien les cases et les carcans…

Mon conseil pour un lancement dans ce milieu : Il est important d’être conscient de sa valeur et de sa compétence et de bien préparer son projet et de ne pas se lancer à la légère. Il faut bien garder à l’esprit, qu’aussi petite soit elle, il s’agit de gérer une entreprise et qu’il faut également avoir des aptitudes de gestion et de commercial afin de pérenniser son entreprise.

 

Retrouvez Cédric sur :

http://www.artefackt.com

https://twitter.com/artefackt

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