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Interview d’auto-entrepreneur : Animations pour enfants et pension pour lapins et rongeurs

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Catégorie(s): Retours d'expérience

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[Ronan] Bonjour Marjolaine, pouvez vous resituer en quelques mots les activités de votre entreprise ?

Bonjour Ronan, j’ai deux activités principales.

D’une part je suis dans l’événementiel enfants. Je propose mes services aux particuliers ( goûter d’anniversaire à domicile, encadrement lors de mariages) ou aux professionnels (prestations maquillages artistiques)  et je vends également des contes pour enfants que j’auto-édite. J’ai déménagé en Côte d’Or en mai 2016.  Depuis, pour l’animation, je travaille à cheval sur la Bourgogne/Franche Comté et l’IDF, le temps de me refaire une clientèle dans ma nouvelle région.

D’autre part, depuis mai 2016, je gère une pension pour lapins nains et cochons d’Inde pour les familles qui veulent faire garder leurs boules de poils pendant leurs vacances.

 

[Ronan] Quel est votre parcours professionnel ?

Après avoir eu mon bac, je me suis lancée dans la vie active en faisant des petits boulots (Au pair, hôtesse d’accueil, réceptionniste, Mac Do, etc…) puis j’ai travaillé quelques années dans le médico-social où j’ai coordonné puis dirigé 2 associations qui aidaient les personnes psychologiquement fragiles ou les personnes SDF.

J’ai ensuite mis le pied dans la restauration et j’y suis restée une dizaine d’années. Puis, face à mon envie grandissante de travailler au contact des enfants, j’ai profité d’une période de chômage pour faire une formation diplômante (BP JEPS, un brevet professionnel de Jeunesse et sport) et me suis lancée en tant qu’auto entrepreneur en 2010. Au début de l’aannée 2016, j’ai ajouté dans mes activités la pension pour rongeurs et depuis, suite à l’achat d’une ferme en Bourgogne, ma pension est ouverte et fonctionne déjà très bien !

 

[Ronan] Qu’est ce qui vous a décidé à vous lancer dans la création d’entreprise ?

J’étais au chômage et il fallait absolument que je trouve un travail si je voulais ne pas me retrouver à la rue. Au vu de ma situation financière je ne pouvais me permettre de trouver un travail au SMIC ou j’aurai dû déménager. Et trouver une location quand on est au chômage, je vais laisse imaginer…

J’ai donc décidé de me lancer !  J’avais un diplôme tout frais en poche, une réelle envie de travailler avec les enfants, tout le temps nécessaire pour monter ma ptite boîte, personne autour de moi pour me freiner et une motivation à 200 % !

 

[Ronan] Pouvez vous nous expliquer les difficultés que vous avez rencontrées, et ce qui a changé dans votre vision d’entrepreneur entre l’envie et l’idée de départ, et plus tard après le lancement de votre entreprise ?

Au départ, suis à une année de déception quant au monde de l’édition, je voulais surtout vendre mes contes pour enfants mais me suis vite aperçu que je ne gagnerai pas ma vie avec… Je me suis donc très vite tournée vers l’animation. Je vends quand même quelques livres mais, ils sont surtout devenu les cadeaux d’anniversaire que j’offre à mes “jeunes clients” !

Sinon, une grande difficulté que j’ai rencontrée fut de me situer en terme de tarifs. Soit je me sous-estimais, soit je me sur-estimais. J’ai mis quand même 3 années pour être à l’aise avec mes tarifs.
Ma vision de l’entrepreneur n’a pas changé. Autant que je m’en souvienne j’ai toujours eu ce côté. Pour la petite histoire, vers l’âge de 10 ans j’avais organisé un spectacle de cirque où chacun de mes frères et soeurs avaient un rôle. J’avais invité les voisins du village. L’entrée était à 1 Franc. Ma mère n’avait pas apprécié…

Concernant ma pension pour rongeurs la difficulté que je rencontre c’est de faire fasse à la demande durant les grandes vacances. Pour un premier été à la ferme j’ai accueilli 30 boules de poils sur 2 mois pour des séjours moyens de 18 jours. Je vous laisse imaginer le travail que c’est entre m’occuper des repas, des cages, des sorties quotidiennes, de l’hygiène, de la gestion des arrivées et des départs, etc…  Si, d’années en années, j’accueille mes habitués plus des nouveaux je ne vais pas pouvoir assumer tout toute seule…

 

[Ronan] Quel statut avez vous choisi ? Comment avez vous fait votre choix ?

Je suis en auto entrepreneur. J’ai choisi ce statut pour la facilité de création, la facilité de gestion, la simplicité de calcul des charges à payer, l’autonomie que cela m’apporte et le fait que gagner 32900 € par an me suffit.

 

[Ronan] Avez-vous construit un Business Plan avant de lancer cette activité ?

Au lancement de mon activité en 2010, j’ai essayé de faire un Business plan lors d’une formation “création d’entreprise” que m’avait trouvé l’ANPE. Mais bon, franchement, ce n’était pas adapté et beaucoup trop compliqué. Ce fut une perte de temps et ça à failli me décourager…

Lorsque j’ai pris la décision de déménager pour lancer ma pension, mon business plan à été principalement tourné vers 1 axe : trouver une ferme adaptée à mon projet dans un endroit pas trop isolé, près de grandes villes et près d’autoroutes pour permettre aux vacanciers de déposer et récupérer leurs boules de poils sur la route de leurs vacances. J’ai  trouvé la ferme et la ville idéale sur la route des vacanciers qui descendent vers le Sud et les Alpes !

 

[Ronan] Avez-vous fait appel (ou présenté votre projet) à des investisseurs ? Des partenaires ?

A la création en 2010, non. Par contre, lorsque mon projet de déménager dans une ferme s’est fait jour, il m’a fallu trouver une banque qui m’accorderait un crédit. Une banque qui ferait confiance à un auto entrepreneur souhaitant repartir à zéro dans une ville nouvelle !

Finalement, après plusieurs mois de doutes, grâce à un dossier bien ficelé, une motivation à toute épreuve, un banquier qui a su ne pas regarder uniquement les chiffres, quelques concessions sur les travaux et une bataille pour faire baisser le prix de vente de la maison, le CIC m’a fait confiance !

 

[Ronan] Quelles sont vos principales sources de bénéfices et de dépenses ?

Mes principales sources de bénéfices sont les recettes de mes animations et des gardes de lapins, mes dépenses sont l’essence, mon matériel d’animation, mes frais pour prendre soin de mes boules de poils, mon local pour la pension (mais c’est en même temps mon lieu de vie).

 

[Ronan] Quelle est votre cible et comment l’avez-vous définie, et comment trouvez-vous vos clients ?

Pour l’animation mes cibles sont : Les familles, les entreprises, les boîtes d”événementiel, les mairies, les centres de loisirs, etc…

Pour la pension : Les familles qui ont un lapin, un cochon d’Inde ou autres rongeurs.

J’ai des sites Internet bien référencés pour chacune de mes activités (2 pour l’animation dont l’un en IDF et l’autre en Bourgogne) et je mets régulièrement des petites annonces sur Internet. Au début, j’ai également mis des annonces dans les écoles, commerces ou tout autre lieu adapté.

Pour la pension, j’ai également démarché les vétérinaires et les animaleries et je possède une page Facebook.

Pour mes deux activités le bouche à oreilles et la fidélité des clients sont également très importants.

 

[Ronan] Avez-vous réalisé une étude de marché, une analyse de la concurrence, et si oui comment vous démarquez-vous ?

Pour l’animation, j’ai regardé sur Internet ce que les autres proposaient. Je pense m’être démarquée car je suis une ‘petite boite’ qui ne brasse pas les animateurs, que mes  animations sont originales (car imaginées et crées par mes soins) et ne ressemblent pas à ce qui est fait d’ordinaire et que les maquillages enfants que je propose sont de qualité artistique.

Pour la pension, j’aime juste les lapins et les rongeurs, c’est ce qui m’a amené à vouloir ouvrir une pension. Mes nouveaux clients le sentent et me font donc confiance. De plus, il y a très peu de concurrence car si les pensions pour chats et chiens sont nombreuses celles pour lapins et rongeurs sont très rares.

De plus, pour mes deux activités, mes sites Internet sont bien faits et agréables à regarder:

http://www.marjolaineanimations.com   http://www.lacolodemarjo.com

 

[Ronan] Quels types de partenariat avez-vous ou souhaitez-vous développer ?

Je développe un partenariat avec des maquilleuses artistiques afin de ne pas perdre ma clientèle lorsque j’ai plusieurs demandes pour le même jour. Ainsi, je leur trouve des prestations en échange d’une commission.

 

[Ronan] Avez vous des projets d’évolution de vos activités ? Pouvez vous nous en parler ?

J’aimerai pouvoir m’agrandir en salariant mais pour ce faire il faut que je passe à la vitesse supérieure en changeant de statut, ce qui veut dire  : charges, tracasseries administratives, comptabilité musclée, TVA à ajouter (pour les particuliers ça fait beaucoup), coût d’expert comptable pour la comptabilité et les fiches de salaires, enfin tout ce qui incombe à ceux qui quittent le statut d’auto entrepreneur. Et franchement, je suis fatiguée et découragée rien que d’y penser…

 

[Ronan] Quels conseils donneriez vous à un futur entrepreneur ?

Si vous savez où vous voulez aller, que votre motivation est réelle, que vous avez le temps de vous y consacrer à fond (pas 3 heures par jour…. plutôt 10…), que financièrement vous pouvez vous le permettre, foncez ! Certes, il y a un risque, mais celui qui ne prend jamais de risque fait du sur place…

 

[Ronan] Avec du recul sur votre expérience, qu’est-ce qui, selon vous, pourrait vous aider, que ce soit à titre personnel ou purement dans votre activité entrepreneuriale ? Avez-vous des domaines de compétence que vous aimeriez développer personnellement ?

Je souhaiterais sincèrement m’entourer d’un ou deux salariés afin de faire évoluer ma “ptite” boite mais pour cela il faudrait que nos politiques simplifient réellement  la vie des toutes petites entreprises, arrêtent de les asséner de charges et fassent la différence entre une entreprise qui comptent 1 ou 2 salariés et une qui en a 10 ou plus. Je trouve inadmissible qu’un chef d’entreprise qui crée de l’emploi ne puisse ne pas avoir de revenu, même minimum. Il y a bien quelque chose qui cloche….

 

[Ronan] Un dernier mot ?

Le statut d’auto entrepreneur m’a permis de faire de mes rêves une réalité ! Sans ce statut je serai toujour salariée à faire un travail alimentaire peu épanouissant. Alors s’il vous plait, Mesdames et Messieurs les Politiques, “touche pas à mon statut !” mais réfléchissez à comment le faire évoluer sans toucher à la simplicité et à la pertinence de son fonctionnement ou pourquoi pas, à le prendre en exemple pour simplifier le fonctionnement bien compliqué des autres statuts.

 

[Ronan] Je vous remercie.

Je vous remercie aussi Ronan pour m’avoir permis de témoigner du grand bonheur que m’apporte le fait d’être à mon compte.

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